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Actualités, Etudes
Open Source : 2 forums en octore, sans doute un trop !par Philippe Nieuwbourg
Alors que la crise touche l’ensemble des fournisseurs de logiciels et de prestations informatique, ainsi que leur écosystème, deux forums consacrés à l’open source sont en concurrence au mois d’octobre... une concurrence sur fond d’enjeu commercial.
World Open Source World Forum... on s'y perd...
Du rififi sur fond de grandes SSII du logiciel libre en France... La crise actuelle, même si elle touche moins le logiciel libre que les autres secteurs de l’informatique, aiguise la concurrence entre les membres de la communauté. En effet, même si chacun se drappe dans la toge de l’ouverture et de la liberté, l’écosystème de l’open source n’est reste pas moins une facette de notre société capitaliste. Chacun, au-delà de son investissement personnel dans une communauté, est toujours en parallèle soumis à des contraintes économiques. La véritable liberté, tout comme l’indépendance totale, n’existe pas. En particulier entre sociétés de services spécialisées dans le secteur du logiciel libre (SS2L), qui doivent comme leurs concurrents traditionnels, convaincre des clients, vendre des journées de prestations et assurer la rentabilité de leur entreprise.
Histoire de Paris Capitale du Libre Paris Capitale du Libre (PCL) est organisé depuis juin 2006 par la FNILL (Fédération Nationale du Logiciel Libre) et son président Alexandre Zapolsky, également dirigeant de la société de services Linagora. Trois éditions qui ont réuni à Paris plusieurs centaines de personnes et donné au monde du logiciel libre une visibilité importante dans les médias. La forte personnalisation de l’événement, autour d’Alexandre Zapolsky y est certainement pour beaucoup; il a su en particulier attirer des politiques et des personnalités qui ont amplifié la médiatisation de l’événement. Mais après trois années de succès, en coulisses la grogne prend forme. Certains reprochent en particulier à son organisateur sa trop grande médiatisation personnelle. La confusion des fonctions entre le Président de la FNILL et celui de Linagora attise une forme de jalousie de la part des SS2L concurrentes de Linagora qui lui reprochent alors de trop tirer la couverture à lui et de profiter via Linagora de la médiatisation de l’événement. Prévue en juin 2009 la nouvelle édition de PCL n’a finalement pas pu être organisée. La défection de plusieurs acteurs importants qui ont rejoint une manifestation concurrente dont nous allons parler ci-dessous, conjuguée aux restrictions budgétaires dans le domaine public, n’ont pas permis à Alexandre Zapolsky de réunir les fonds nécessaires à l’organisation de l’événement. Un peu au dernier moment, Paris Capitale du Libre a été renommé World Open Source Forum et semble annoncé pour le mois d’octobre sans pour autant qu’un lieu et une date précise ne soient communiqués à ce jour. Un changement de nom et de date qui ne peut pas être une simple coïncidence... en effet, un autre événement est annoncé depuis quelques mois, planifié les 1er et 2 octobre à Paris : un événement qui porte le nom de « Open World Forum » et dont il s’agit de la seconde édition. Autant dire que la proximité des dates et du nom des événements semble chercher à créer la confusion dans l’esprit des participants. Il parait par ailleurs bien irréaliste que le marché, et en particulier les sponsors publics et privés, puissent organiser le même mois, deux événements concurrents sur le même thème et dans la même ville... Naissance de l’Open World Forum Créé en mai 2008, l’Open World Forum (OWF) revendique un positionnement inédit, celui « d’un futur Davos Européen, voir mondial de l’open source », explique Jean-Christophe Spilmont, en charge du marketing de l’événement. « Nous avons rassemblé en 2008 pour la première édition 160 conférenciers et accueilli 1200 participants venant de 20 pays différents ». Et les soutiens à ce nouvel événement semblent affluer : Linux Foundation, Apache, Eclipse, OSA, OW2, Qualipso, Open Source Think Tank... l’écosystème de l’open source est penché sur le berceau. L’édition 2009 devrait être plus internationale avec la présence de représentants des Etats-Unis, de l’Inde, de la Chine et du Brésil par exemple. Autour d’associations comme l’April, l’Afull, l’Adulac, l’OWF devrait faire la part belle aux pôles de compétitivité français. Une année 2009 difficile La crise ne facilite bien entendu pas l’organisation d’événements de ce type, dont l’équilibre financier n’est assuré que par la présence de sponsors. Il est déjà difficile de réunir les sommes nécessaires pour un événement... mais alors deux, le même mois... Chaque sponsor doit faire un choix. Un choix qui semble très nettement en faveur de l’Open World Forum. Bull, Ingres, Accenture, RedHat, Google, Sun... et d’autres encore ont choisi ce dernier. Certains ont d’ailleurs basculé leur participation de PCL à l’OWF. Du côté de PCL on ne met en avant que les logos de partenaires « sollicités »... mais aucun ne semble s’être engagé pour 2009. Même du côté des soutiens politiques et institutionnels, PCL semble avoir du mal. La Mairie de Paris, très impliquée dans PCL est annoncée comme sponsor platinum de l’OWF ! Et les soutiens attendus par PCL du côté du département des Hauts de Seine ne semblent pas s’être concrétisés. L’équilibre financier d’une nouvelle édition de PCL parait donc plus qu’incertain. Derrière cette concurrence, des luttes de personnes Mais c’est en soulevant un coin du voile que se font jour les raisons plus cachées qui rendent ces deux événements incompatibles. Derrière Paris Capitale du Libre, on retrouve la FNILL et Linagora. Alexandra Zapolsky dirige les deux organisations. Et Linagora a largement contribué, par un soutien financier et humain et à la création et au développement de l’événement PCL. Derrière l’Open World Forum, c’est Jean-Noël de Galzain, Président de Wallix, une autre société de services du monde de l’open source. Entre Wallix et Linagora, tout comme entre leurs deux fondateurs, la concurrence est directe. Sur le terrain des affaires mais également sur le terrain médiatique. Un combat qui peut finalement nuire à l’image de l’open source auprès des entreprises. Confusion dans la dénomination des événements tout d’abord. « Nous nous étonnons du choix d’un nom qui s’inspire étrangement du nôtre et crée une confusion inutile pour tous », explique Jean-Christophe Spilmont, venant « d’un événement supposé..., franco-français, sans programme et sans gouvernance claire ». « Paris Capitale du Libre a apporté quelque chose au monde du libre, mais c’était un brouillon », explique Jean-Noël de Galzain, « Nous avons proposé à Alexandre Zapolsky d’héberger Les Lutèces d’Or au sein de l’Open World Forum mais il a refusé. Pourtant les vice-présidents de la FNILL ont donné leur bénédiction pour que PCL rejoigne l’OWF ». Quel avenir pour la FNILL ? De manière plus générale c’est l’avenir de la FNILL qui se pose aujourd’hui. « La FNILL n’est plus qu’une coquille vide, qui n’a plus de substance. On ne résume pas le monde du logiciel libre à une personne », explique Jean-Noël de Galzain. Des associations régionales telles que PLOSS sur l’Ile de France ont été créées. Jean-Noël de Galzain appelle d’ailleurs de ses voeux la création d’une « FNILL version 2 » qui regrouperait les grandes associations régionales. Nous avons bien entendu souhaité donner la parole à Alexandre Zapolsky, mais il n’a pas souhaité ou pas eu le temps (période de vacances oblige) de répondre à nos questions. Mardi 21 Juillet 2009
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