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Tarification du cloud computing... pourquoi faire simple ?


par Philippe Nieuwbourg


        

Tarification du cloud computing... pourquoi faire simple ?
Oui, on peut gagner de l’argent comme éditeur de logiciels open source. C’est en tous cas ce que nous affirment depuis quelques années les éditeurs d’open source « commercial ». Ils nous l’affirment, mais les faits semblent un peu longs à venir confirmer ces objectifs. Tenter d’aborder les vraies questions financières avec un éditeur d’applications ouvertes et c’est à coup sur la réponse évasive, soit par un « nous ne communiquons pas cette information » clair et sans appel, soit par la réponse à une question différente de celle que vous avez posée (exemple classique, vous demandez le nombre de clients payants et on vous répond par le nombre de téléchargements...).
Essayez donc avec SugarCRM, Compiere, Talend, Jaspersoft, OpenERP... et je ne vous cite que ceux qui me viennent à l’esprit.
Les questions clefs pour estimer la réussite commerciale d’une solution ouverte sont :
- Combien de chiffre d’affaires réalisez-vous et comment se répartit-il entre contrats de maintenance, prestations d’accompagnement... ?
- Quel est le taux de conversion des téléchargements en contrats payants (sous-entendu, c’est bien d’avoir X millions de « clients » qui ne payent rien, mais leur taux de signature d’une contrat de support est le meilleur indicateur de la mise en production en entreprise) ?
Mais tout comme « free » et « gratuit » sont de faux amis en langue anglaise, « open source » et « transparence » ne sont pas forcément compatibles chez les éditeurs en question.

Or il semble que lorsque l’on préfère conserver un chiffre discret, voir secret, c’est soit qu’il est exceptionnel (et du coup que l’on souhaite éviter d’attiser la convoitise), soit qu’il n’est pas bon... Et si, par hasard, nous étions dans la seconde hypothèse, cela expliquerait en grande partie tout l’intérêt que semblent porter les éditeurs open source au « cloud computing ». Un cloud computing qui pour les béotiens n’est ni plus ni moins qu’un mode ASP/SaaS remis au goût marketing du jour. « Si vous ne voulez pas payer pour la licence, si vous ne voulez pas payer pour le support, au moins paierez vous pour l’usage et les ressources », pourrait bien être la pensée secrète des directions marketing des éditeurs open source « commerciaux ». Et tout cela semble finalement très normal ! Pourquoi donc refuserions-nous en permanence de payer pour un service qui nous est utile et qui coûte à quelqu’un ?

SugarCRM en a été l’initiateur, et la plupart suivent aujourd’hui. Au travers d’un service « clef en main », les éditeurs proposent une version hébergée de leur application. Plus besoin de vous préoccuper de l’hébergement, de la base de données, du langage de programmation... tous ces sujets certes à la portée d’un informaticien, mais finalement éloignés du coeur de métier de l’entreprise. Et pour l’ensemble de ces services, dont l’usage du progiciel en question, vous payez un abonnement. Simple, pratique, performant et finalement financièrement très abordable.

Encore faudrait-il que le tarif de commercialisation n’emprunte pas à l’environnement Linux sa complexité ! Deux écoles de tarification s’opposent en effet dans le « cloud computing » :
- l’école basée sur la simplicité et la transparence du tarif. SugarCRM en est un exemple : trois versions, à 9, 30 et 50 dollars par utilisateur et par mois
- l’école de la complexité et je vous propose de suivre ce lien pour découvrir le tarif de « Odoo », c’est à dire OpenERP On Demand. Entre 0 et 0,60 euros de l’heure d’utilisation (avec des subtilités comme « toute heure commencée est due »), plus 0 à 2 euros du Go... heureusement le site indique que vous recevez en fin de mois une facture proforma... que vous êtes libre de ne pas payer si vous n’êtes pas satisfait du service !

Vous comprendrez mon scepticisme face à ces modes de tarification qui font penser aux anciens temps du « time sharing » et manquent totalement d’esprit marketing. L’annonce récente d’une collaboration entre plusieurs éditeurs autour du cloud computing dans le domaine du décisionnel va dans le même sens, lisez à ce sujet l’article publié sur LeGrandBI
Certes les éditeurs propriétaires ne sont pas en reste, comme je le soulignais il y a quelques semaines à propos de l’annonce ubuesque de la tarification de Microsoft Azure.

Alors, oui, le cloud computing/SaaS/ASP pourrait bien être la porte d’entrée des éditeurs de solutions « open source commercial » dans le monde du chiffre d’affaires et de la rentabilité. Mais, non, cet objectif ne pourra pas être atteint avec la mise en place de tarifications dignes de l’installation d’un driver de webcam sous Linux !
Messieurs les éditeurs, pensez « clients » ! Et votre client, n’oubliez jamais que c’est celui qui signe le chèque... pas l’autre ;-) que je ne caricaturerai pas ici pour éviter de céder au cliché !

Lundi 17 Août 2009
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1.Posté par Alain le 17/08/2009 11:45 (depuis mobile)
Philippe,

Je suis totalement d'accord avec toi.

Mais pour que ça change , il faudrait que les éditeurs opensource commencent par reconnaitre que leur business model n'est qu'une variante des business model de l'industrie logicielle (traditionelle). Cette prise de conscience est en cours ( cf le post d'Eric Barroca, le PDG de Nuxeo sur son blog).


Il pourront alors appliquer la transparence dans leur tarification , et le marketing pour répondre de manière satisfaisante aux attentes des clients et du marché. Compte tenu de leur absence (trop fréquente) de culture économique et manageriale des créateurs dEditeurs open source et de la prééminence , parmi les créateurs/dirigeants de ces entreprises , d'inventeurs et non de managers....

Alain
Http://www.Google.com/profiles/Alain.risbourg

2.Posté par Fred le 18/08/2009 08:21
Excellent point de vue, certainement partagée cette fois par les clients tous potentiels.

Pour résumé : la technologie avance et le marketing recule. Financièrement il est impossible de maîtriser son budget... mais comme d'habitude le marché va se lisser à la vue de tous les articles du genre qui paraissent dans la presse (web et papier).
Pour moi le cloud reste toujours une solution d'avenir et qui, même d'ici moins de 5 ans pourrait être LA solution et pour les clients et pour les éditeurs.

Par contre à chacun son métier, un éditeurs qui aujourd'hui propose l'hébergement va très rapidement se rendre compte que ce n'est pas vraiment son métier (d'ou des tarifications pour certaines très exotiques), mais des acteurs spécialisés vont voir le jour, ou bien ceux qui existent aujourd'hui vont sortir de l'ombre.

Editeurs : Laissez faire le Cloud/SaaS/ASP à ceux qui savent le faire aujourd'hui et 'pacsez' vous avec eux afin de proposer des tarifications à l'image de votre modèle Open Source si souvent vanté : Ouvert.

3.Posté par Fabien le 18/08/2009 11:23
Même si une tarification par utilisateur*mois a l'avantage d'être simple, elle possède de nombreux inconvénients: difficultés à l'augmentation du prix d'un client existant, barrières à l'entrée (nouveaux clients ou nouvelles fonctions), complexité tarifaire si de trop nombreuses options sont disponibles, n'est pas efficace avec une approche post-paid, etc.

Une tarification à l'utilisation, pour autant qu'elle soit claire et transparente, est à préférer aux tarifications forfétaires pour les produits qui proposent une valeur ajoutée qui croit fortement avec l'utilisation qu'en fait le client. (ou la dépendance qu'il a vis-à-vis du produit).

Sur de tels produits, le client ne sera pas prêt à payer beaucoup initialement mais, au fil des mois, sera prêt à payer plus s'il arrive à tirer un maximum profit du logiciel. Dans un tel système, l'augmentation des prix se fera de paire avec l'augmentation de la satisfaction du client.

Voici les avantages d'une offre tarifaire relative à la consommation:

1. Un coût en phase avec la valeur ajoutée perçue par le client.
Plus le client utilise le système, plus il sera prêt à payer pour son utilisation. Cette approche est à préférer avec des produits possédant de nombreuses fonctions. C'est également une bonne approche pour les produits faisant la majorité de leurs ventes en ligne et non pas grâce à un service commercial (Google Adwords est un bon exemple)

2. Pas de barrières à l'entrée
Avec une tarification à l'utilisation, il n'y a pas besoin de brider le logiciel pour segmenter l'offre. Tout client a directement accès à l'ensemble des fonctionnalités et il ne paie que si il les utilises. C'est particulièrement important pour les logiciels libres pour lesquels l'offre SaaS peut difficilement être moins complète que la version open source.

3. Complexité d'une tarification forfétaire à options
Avec des logiciels ayant de nombreuses options, une grille de prix avec beaucoup d'options peut rendre l'offre complexe. Si on analyse Open ERP, ils ont 500 modules très divers: comptabilité, gestion de projet, crm, erp, rh, ... Un bon prix pour une offre CRM est de 35 EUR/mois, un bon prix pour un ERP est de 100 EUR/mois. Mais, si vous désirez installer une gestion de projet, il faut également installer la compta qui en dépend. Une telle offre peut être très complexe avec une tarification au forfait par module.

4. Une montée en puissance du coût sans renégociation de contrat
L'avantage d'un tarif à l'utilisation est qu'il ne faut pas sans cesse renégocier le contrat pour proposer des nouveautés. Les nouveautés peuvent être directement intégrées dans la solution du client et il ne paiera que s'il les utilises.

Des grandes offres Cloud sont basées sur une tarification en rapport à l'utilisation: Amazon EC2, Google, etc.

4.Posté par Fred le 18/08/2009 12:02
Bonjour Fabien,

En effet je voir de voir la publication de votre nouvelle offre via odoo.
Le question est simple : quel budget ? Un client a besoin de budgéter à l'année (donc à l'avance de préférence) ses applications opérationnelle, reporting, etc.... Dans ces offres Cloud le client ne pourra pas faire un prévisionnel précis et pourra, à sa grande surprise, passer du simple au double (ou quadruple ... ;-) )sans réelle maitrise.

Cela dit, il serait précieux pour nous tous d'avoir dans quelque temps les retours d'expériences de ce mode de facturation, avec éventuellement une comparaison, à produit plus ou moins équivalent, entre forfait et à la consommation.

Je pense, et cela ne tiens qu'à moi évidemment, qu'un Cloud au forfait (et sans forcément 893 options avec 68 déclinaisons) serait le mode le plus préférable d'un point de vue client.

Restons simple, les solutions sont déjà assez complexes à mettre en place ...


5.Posté par Francois le 19/08/2009 16:36
La facturation au MIPS...serait la plus pertinente....
Mais sommes nous pret ? (certainement pas à mon avis).
En ce qui nous concerne nous avons un tarif public, un tarif pour le client en fonction de son périmetre... mais surtout, nous garantissons que ça fonctionne (ce qui n'est pas négligeable). si vous souhaitez tester www.dotriver.eu
slts
fa

http://www.dotriver.eu

6.Posté par Yves de Montcheuil le 24/08/2009 09:05
Philippe,
Les seuls éditeurs qui communiquent sur leur CA sont ceux qui sont côtés en bourse, et ils ne le font que parce qu'ils y sont obligés légalement. Et ce n'est pas forcément très aidant: essayez donc d'aller savoir combien de clients Oracle a pour telle offre BI, ou combien de déploiements de DataStage IBM a réalisé au cours de la dernière année...
Talend, comme la plupart des startups financées par des VCs, se soumet à des règles claires en terme de communication. Et au delà des téléchargements (mesure de l'adoption), nous communiquons également sur le nombre de clients (mesure du succès commercial). A fin juin, nous en comptions plus de 600.
http://www.talend.com

7.Posté par Jean-Paul Smets le 26/08/2009 12:54
Dans le domaine de la simplicité, il y a encore plus simple que ceux que vous citez. C'est TioLive (www.tiolive.com). Il y a deux prix: un tarif gratuit (quel que soit le nombre d'utilisateurs mais limité en espace disque) et un tarif payant à 50 USD / mois (quel que soit le nombre d'utilisateurs avec un espace disque important). Voir https://www.tiolive.com/service . Toute cela pour ERP + CRM + GED + Voip + Mel + Chat.
Je me demande en outre si, dans le domaine du SaaS, ce n'est pas ERP5 qui a le premier proposé une offre puisque les premiers grands groupes à utiliser ERP5 en mode SaaS datent de 2005.
En outre, le notion de liberté sur le SaaS est formalisée ici: http://www.tiolibre.com/tiolibre-Libre.Definition#Libre suite à un travail de la FFII.
http://www.tiolive.com

8.Posté par Francois Papon le 03/09/2009 14:02
Bonjour,
J'ai noté le "Un bon prix pour une offre CRM est de 35 EUR/mois" dans l'un des commentaires, et en fait, je me dis :
- Formidable ! SugarCRM est exactement dans cette zone de prix (et nous sommes partenaires Sugar)
- Mais je me demande aussi comment Salesforce est, à ce jour en tout cas, l'archi leader incontesté du CRM SaaS avec un mauvaix prix ? (tarif entre 70 et 130 € (hors TPE) par user et par mois) ; et je crois qu'à ce prix là, il n'y a ni gestion de projets, ni "la compta qui en dépend".
Pas facile finalement de "trouver un bon prix"...
http://www.carrenet.com

9.Posté par DB le 08/09/2009 16:40
La ... complexité (!) de tarification a probablement une origine toute bête : "vendre", ce n'est pas forcément le métier des "éditeurs" de solutions "Open Source", qui ont probablement comme réflexe d'essayer d'aligner, au plus juste, leurs prix de vente avec les coûts de production. D'où des formules ... à la lisibilité aléatoire.

Chacun son métier donc : le couple gagnant ne serait-il pas un "vrai" hébergeur allié à l'éditeur de LA bonne solution ?

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