Open Source et offshore... L'open source destructeur d'emplois ? Philippe Nieuwbourg
Le modèle Open Source conduit entre autres à la transformation d'une partie des emplois de développeurs chez des éditeurs, en emplois de consultants chez des SSLL. Plus globalement l'Open Source semble participer à un transfert de flux financier de l'édition vers le service. Mais le service est encore plus facile à outsourcer, en particulier à l'étranger, que les travaux de recherche autour de nouveaux logiciels.
C'est l'occasion de se poser quelques questions sur l'impact à moyen et long terme de l'Open Source sur l'économie sociale, les emplois, les compétences... Lorsque nos hommes politiques utilisent l'Open Source comme argument électoral à court terme, est-ce si judicieux que cela à long terme ? Les SSLL ne vont-elles pas finalement faire travailler des consultants et ingénieurs basés dans d'autres pays. Qu'en pensez-vous ? O. MOJAHED
Bonjour,
Votre réflexion est, de mon point de vue, légitime. J'ai d’ailleurs démarré il y a quelque temps une structure spécialisée en intégration de solutions open source éprouvées dans un 'autre pays' (Maroc). Cible : marchés français et marocain. Je vous invite par contre à poursuivre votre raisonnement jusqu’au bout : - L’investissement pour maîtriser, et prétendre intégrer comme il se doit, des solutions open source est important, et mérite d’être récompensé. Pour vous donner une idée : c’est presque du même ordre que la R&D dont vous pensez légitimement qu’elle n’est pas à la portée des 'autres pays', ou du moins 'de tout le monde'. On ne s’improvise pas intégrateur de solutions open source importantes 'parce que c’est de l’open source' ! Je vous invite à penser cet exercice en France pour vous rendre compte de la difficulté de la tâche. En effet, nous essayons de faire exactement la même chose en France également, et je peux vous dire qu’il faut s’accrocher - Bien des solutions, open source, intégrées en France (la majorité écrasante) ne sont pas 'françaises', viennent des 'autres pays', et ont pourtant créé énormément d’emplois en France. Il faut pousser votre raisonnement plus loin comme je vous le suggérais en introduction. Cela nous amène à une conclusion opposée à la votre : l’open source (qui est plus rarement français) crée des emplois en France. - 'L’intégration' de produits open source est le poste qui rapporte le moins dans une chaîne de mise en place d’une solution libre. Les postes les plus importants sont le conseil, l’étude des besoins, la formation, … et peut-être à plus long terme la TMA. En gros, les postes les plus importants ne sont pas délocalisables dans les 'autres pays'. Ce qui n’est pas le cas des solutions payantes dont les développements sont pour la plupart délocalisés. Votre réflexion serait donc plus juste si vous visiez en premier les solutions payantes. - La promotion de l’open source par la plupart des gouvernements dans le monde n’a pas attendu les élections présidentielles ici et là. C’est une stratégie dont les objectifs sont nombreux (indépendance, coûts, …) et n’a cure des agendas électoraux. - Il y a 'service' et 'service'. La créativité dans nos pays est encore loin, très loin devant celle dans 'd’autres pays' ; sûrement parce que cette créativité nous est consacrée de l’intérieur, et donc comprend mieux nos goûts et nos aspirations. Le simple 'graphisme' est indélocalisables (j’invente des mots moi-aussi :-) ). Qu’en est-il du conseil, de la spécification des besoins, de la gestion du projet, … indélocalisables par définition presque. Vous me diriez : 'et que diable allez vous faire au Maroc ?'. Et bien, il me suffit largement d’avoir une toute petite part de la toute petite part de gâteau qui reste. Il y en a pour tout le monde. Salutations, O. MOJAHED |
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